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  • Joelle Razanajohary

«Christianity Today» ose enfin «appeler un chat un chat » !

Mis à jour : 21 déc 2019

Dans un récent article daté du 19 décembre 2019, le journal évangélique américain bien connu et réputé Christianity Today, affirme pour la première fois que Donald Trump devrait « être démis de ses fonctions » et appelle ses lecteurs évangéliques «après plusieurs années de retenue », à cesser de le soutenir. C’est un véritable coup de tonnerre dans le ciel évangélique, parait-il.







Dans l’article que je survole tout d’abord, je retiens premièrement les grands titres :

- Rester au-dessus de la mêlée : la mission ordinaire de CT

- Un président moralement perdu et confus

- Abus d’autorité à des fins personnelles

- Une question de loyauté au créateur des Dix commandements

- Il est temps d’appeler un chat un chat


Et là il faut bien le dire, je suis consternée…


Au lieu de finir mon article par cette histoire de chat, je vais commencer par là… Parce que voyez-vous, 'chat' en anglais se dit "Cat" ou encore … "Pussy » et c’est invariable en genre. Or cela fait bien longtemps déjà que Mr Trump s'est emmêlé les pinceaux dans cette histoire de chat sans que 'Christianity Today' n'espère sa destitution! J'ai, comme tous les évangéliques français, américains et de toutes les nations du monde, entendu cette vidéo qui tournait sur le Web quelques mois avant les élections, vidéo dans laquelle il se vantait de pouvoir, grâce à sa position, faire violence à n’importe quelle femme. Son usage du terme en question (que par cha-steté je ne reproduirais ici ni en anglais ni en français) ne laissait à ce moment-là aucun doute !


Et pourtant les évangéliques qui le soutenaient n’ont pas vu à ce moment-là un candidat « moralement perdu et confus » ! Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait déjà là d’un « abus d’autorité à des fins personnelles ». Ils n’ont pas appelé ce chat un chat, ce qui pour moi était pourtant déjà clairement un signe d’absence de loyauté au créateur des dix commandements, aussi bien de la part du candidat en question que des électeurs. La mention de ce que le magazine éditait pour Bill Clinton en 1998 aurait donc dû s’appliquer immédiatement pour le candidat Trump.


Alors quoi ? Qu'y a-t-il de nouveau sous le soleil américain motivant cette sortie de retenue?

Eh bien voici : «Les audiences de la procédure de destitution ont mis en lumière aux yeux de tous, les carences morales du président » et ce malgré les « suspicions partisanes » quant aux motivations des démocrates depuis le début. Et puis encore, « Le président des Etats-Unis a tenté d’utiliser son pouvoir politique pour contraindre un dirigeant étranger à harceler et à discréditer l’un de ses opposants politiques ». L’auteur de l’article passe ensuite en revue les licenciements de personnes reconnues comme aujourd’hui criminelles, les relations avec les femmes (hum, tiens voilà le chat!) les tweets mensongers et/ou calomnieux pour conclure que Mr Trump est un « exemple presque parfait d’un être humain moralement perdu et confus ».


Comme si c'était une chose nouvelle…

Voilà pourtant des années que les femmes en colère contre Mr Trump manifestent en pleine rue dans plusieurs villes des Etats-Unis scandant cette même réalité et les évangéliques n’ont rien entendu ? A moins de croire que toutes ces femmes n’étaient que de vilaines démocrates, il était impossible de ne pas entendre !


Ou alors, il fallait penser qu’un président parlant mal des femmes (démocrates?) et agissant tout aussi mal envers elles puisse être malgré tout un ‘bon dirigeant’ jusqu'au moment où il est avéré qu'il agit tout aussi mal envers des 'dirigeants étrangers?


Voyons, voyons… Ne reconnait-on pas un arbre à ses fruits ?

Ainsi lorsqu'un candidat est un mauvais candidat puisqu'il maltraite une partie de ses administrés avant même d'être élu, comment pourrait-il être un bon président après l'élection? (et ce malgré certaines indéniables réussites!). Si l'éthique d'un homme ou d'une femme en responsabilité ne dit rien de prime abord quant à ses compétences techniques, elle dit néanmoins tout de sa capacité et de son désir d'œuvrer pour le bien commun. Ce qui finalement est une grande partie de l'essentiel.


Pas étonnant que le journal commence (moi je finis par là!) par 's’excuser' en annonçant d’emblée de jeu le pourquoi de sa si longue retenue : sa mission n’est pas de se salir les mains en descendant dans la boue du quotidien et encore moins dans la boue du politique.

C’est bien vrai qu’il est parfois difficile de nommer la réalité des choses, qu’il faut du courage aujourd’hui encore pour dire qu’un candidat à la présidentielle de l’un des plus grands pays du monde qui se permet de maltraiter les femmes n’est pas digne d’être président. Mais il faudrait le dire tout de suite, quelle que soit la manière dont il traite ensuite les dignitaires étrangers ou ses opposants politiques !

Car enfin, lorsqu'on affirme ne pas vouloir se mêler de politique -ce qui peut être un choix éditorial tout à fait juste puisque César et Dieu n'ont pas grand chose en commun- il faudrait commence par cesser de 'diaboliser' son adversaire. Tout démocrate n'est pas 'antichrétien' et tout républicain n'est pas 'chrétien' non plus; Cesser de cliver ainsi son monde permet d'exprimer d'infinies nuances, sous peine de prendre conscience un jour que l'on a gobé des couleuvres et d'être obligé de 'retourner' sa veste.


Toutes ces histoires de chats sont finalement bien démoralisantes!


Je salue donc (timidement) cet article, et il me reste à espérer qu'à l'avenir, tant qu'à réagir, Christianity Today hésite moins longtemps à descendre dans la mêlée. Le Dieu de la Bible ne s'est-il pas lui aussi sali les mains en créant l'humain…


Post-scriptum

Un internaute m'a signalé quelques heures après la rédaction de ce billet d'humeur que le 10 octobre 2016, ledit magazine a publié un article 'Speak Truth to Trump' qualifiant son comportement d'immoral et d'idolâtre. Sans toutefois aller jusqu'à demander son retrait en tant que candidat. (Hillary en prenait aussi pour son grade d'ailleurs!) Cela me laisse tout autant songeuse… Si c'est l'immoralité de Trump face aux grands de ce monde (les dirigeants étrangers) qui a produit ce revirement, cela signifierait que cette immoralité-là est considérée comme plus immorale que celle qu'il démontre depuis le début envers les petits de ce monde? (femmes, handicapés, immigrés etc...)